Le déluge de coups qui suivit l’affalement de ma masse sur l’amas
de rouages et de métal qui se tenait devant moi n’eût, au final, pas l’effet
que j’avais escompté. Le bruit de la ferraille choquée avait beau résonner avec
ardeur sur les parois de la grotte, le guerrier qui me faisait face ne semblait
pas s’en soucier. Phryxos et Antibrontë me rejoignirent en hurlant, abattant
leurs armes sur mon adversaire, tandis qu’Actéon occupait le second. Lyn,
sonnée, peinait à se remettre sur pieds.
Les adversaires étaient féroces, et nous ne fûmes pas trop de trois pour coucher le premier. Nous n’encaissions que peu de coups, mais tous ceux que nous assénions semblaient à peine ralentir la machine – si tant est que l’on ait pu la qualifier ainsi.
Les adversaires étaient féroces, et nous ne fûmes pas trop de trois pour coucher le premier. Nous n’encaissions que peu de coups, mais tous ceux que nous assénions semblaient à peine ralentir la machine – si tant est que l’on ait pu la qualifier ainsi.
Une fois remise, Lyn porta assistance à un Actéon qui, s’il
ne semblait pas broncher, avait tout de même fort à faire. Sa peau d’écailles
avait beau être insensible à toute forme de taillade par le fer, son adversaire
maniait avec dextérité une lance à l’estoc acéré.
Fort heureusement pour nous, après quelques minutes qui nous
parurent des heures, nous fûmes victorieux.
Pendant que nous pansions nos plaies, nous avisâmes de la
marche à suivre. La logique voulait que nous empruntions le boyau gardé par le
piège que Lyn avait déclenché.
Prenant les devants, j’entrai dans le tunnel, suivi d’Antibrontë.
Nous avions bien conscience qu’il était certainement piégé, aussi avancions
nous avec toute la précaution requise.
Nous franchîmes un léger filet d’eau semblant sortir de la
roche, avant de nous enfoncer plus en avant dans le centre de la montagne, à mesure
que le chemin remontât.
A un moment, il nous sembla sentir une odeur étrange, et nous
vîmes nos flammes vaciller. Il s’agissait certainement d’un gaz : il était
de toute manière trop tard pour revenir en arrière… Les flammes de nos torches
enflammèrent l’air autour de nous, avec –heureusement – pour seul effet de les
éteindre. Certains d’entre nous semblaient toutefois avoir souffert de l’exposition
à cet air impur, sans que cela nous freine pour autant dans notre avancée.
Alors que le boyau semblait s’élargir, l’un d’entre nous
remarqua un défaut dans le sol. Suspicieuse, Lyn s’empressa de l’examiner :
notre hôte avait cru bon d’installer une
plaque de pression dans le sol. Les rainures dans le mur, laissant deviner de
grandes faux prêtes à hacher menu tout intrus l’ayant ignorée, nous confirmèrent
le besoin impérieux d’enjamber le piège…
A la sortie du tunnel, nous eûmes la surprise d’entrer dans
ce qui semblait plus tenir du laboratoire que d’une cavité : partout, des
tables, des machines, des outils et des objets, aux multiples rouages, semblaient
attendre qu’on les utilise. Il régnait dans ce lieu une odeur difficile à
décrire : un mélange d’huile, de graisse, d’humidité et… de putréfaction.
Lyn s’enquit des objets posés ça et là : elle en vint à
trouver une espèce de tige pointue, en alliage d’apparence extrêmement solide,
et en conclut avoir trouvé là l’aiguille qui devait servir à forer le crâne de
Tyros, l’hurluberlu qui nous attendait à l’extérieur.
Actéon, heureux de constater que la pièce, au léger
dénivelé, était en partie inondée jusqu’aux cuisses, ne mit pas longtemps à
retrouver son propriétaire : encastré dans une paroi, à moitié enseveli
par un amas de roches, il y avait une espère de taureau de fer et d’acier,
monté sur des roues, qui semblait avoir foncé tout droit depuis l’autre bout du
laboratoire pour emplafonner le savant, dont seuls les jambes et un bras se
laissaient entrevoir, tout aplati qu’il était entre le mur et la bête.
L’eau qui tapissait le sol semblait sortir de la paroi à cet
endroit, d’entre les rochers affaissés par la violence du choc : nous
avions trouvé là à la fois Actoclès et la raison pour laquelle la fontaine ne
donnait plus d’eau…
Lyn entreprit d’examiner les dégats, et évalua pouvoir
réparer le tout en une nuit, au moins temporairement.
Nous prîmes alors la décision de repartir prévenir Tyros, et
récupérer les outils et le matériel nécessaire à l’entreprise. Quelle ne fut
par notre surprise lorsqu’une fois sortis de là, Tyros avait disparu. Et, pire
encore, l’Argo n’était plus dans la baie de Cyzique. ..

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